Dans le précédent épisode... nous avons découvert que deux qubits pouvaient rester liés... même lorsqu'ils étaient séparés de plusieurs kilomètres. Cette idée paraît incroyable. Et si elle vous semble difficile à croire... rassurez-vous. Vous n'êtes pas les seuls. Albert Einstein lui-même refusait presque d'y croire.

Pour lui... la Nature ne pouvait pas fonctionner de cette manière. Comment deux particules pouvaient-elles sembler liées... sans qu'aucun signal n'ait le temps de voyager entre elles ? En 1935... avec Boris Podolsky et Nathan Rosen... il publia un article devenu célèbre. Son objectif n'était pas de démontrer que l'intrication existait.

Au contraire. Il voulait montrer que la mécanique quantique était incomplète. Selon lui... il devait forcément exister des informations cachées... que les physiciens n'avaient pas encore découvertes. C'est à cette époque qu'il qualifia cette idée d'une expression restée célèbre : « Spooky Action at a Distance » que l'on traduit souvent par : « une action fantomatique à distance ».

Pendant près d'un demi-siècle... la communauté scientifique est restée divisée. Puis les expériences sont arrivées. Celles de John Bell... puis surtout celles d'Alain Aspect, en France, dans les années 1980... ont progressivement montré que les prédictions de la mécanique quantique étaient bien celles observées dans la réalité.

Autrement dit... Einstein s'était trompé. L'intrication n'était pas une erreur de calcul. Elle existe réellement. Et c'est précisément cette découverte qui a changé la donne. Car si Einstein avait eu raison... les ordinateurs quantiques seraient probablement impossibles. Aujourd'hui... Microsoft...

IBM... Google... Atom Computing... QuEra... IonQ... PsiQuantum... et bien d'autres... investissent des milliards de dollars en s'appuyant justement sur ces propriétés quantiques qu'Einstein trouvait si déroutantes. Voilà pourquoi le sujet n'est plus seulement réservé aux laboratoires. Il concerne désormais la cybersécurité... les banques... les communications... l'intelligence artificielle... et même les gouvernements.

C'est aussi pour cette raison que vous voyez apparaître partout des annonces comme : 24 qubits... 96 logical qubits... 500... 1200... Ces chiffres ne sont pas publiés par hasard. Ils servent à mesurer les progrès de cette nouvelle technologie. Mais au fond... que représentent-ils réellement ?

Pourquoi un ordinateur de 96 qubits logiques peut-il constituer une avancée majeure... alors qu'un autre annonce déjà des milliers de qubits physiques ? Vous allez découvrir que tous les qubits ne se valent pas. Et que cette différence est essentielle pour comprendre la course mondiale vers le Q-Day.

C'est ce que nous découvrirons dans le prochain épisode. À suivre... ⚛️📈