
Un pommier en fleurs, on le remarque.
Un cerisier aussi.
Mais un champ de blé ?
On imagine du vert, puis du doré, puis de la farine.
La fleur aurait disparu entre les deux ?
Pas du tout. Notre baguette commence par une floraison.
Voilà qui change légèrement le regard sur le petit déjeuner. 😄
Dans l’épisode précédent, le figuier cachait ses fleurs à l’intérieur de ses figues.
Le blé, lui, les range dans ses épis.
Approchons-nous.
Un épi porte de petits groupes appelés épillets, qui abritent plusieurs fleurs.
Elles n’ont pas les grands pétales colorés d’une rose.
De fines enveloppes les protègent.
À la floraison, on peut voir de petits éléments jaunes sortir de l’épi, suspendus à des filaments.
Ce sont les anthères, les parties des étamines qui produisent le pollen.
Le blé porte des fleurs. Simplement, il n’a pas engagé de décorateur. 😄
Mais qui transporte ce pollen ?
Pour le blé, le trajet est souvent très court.
Une même fleur possède des organes mâles et femelles. Son propre pollen peut permettre la fécondation de son ovule.
Le blé cultivé s’autoféconde dans la grande majorité des cas.
C’est l’autogamie.
Cela reste une reproduction sexuée : des cellules reproductrices mâles et femelles fusionnent.
Elles proviennent simplement du même plant.
Le rendez-vous se passe à domicile.
Les abeilles ne sont donc pas des intermédiaires indispensables à la formation des grains de blé.
Et toutes les céréales font-elles pareil ?
Non.
Le maïs nous offre une autre organisation.
Ses fleurs mâles sont regroupées dans la panicule, tout en haut de la plante.
Ses fleurs femelles se trouvent sur les épis, plus bas.
Le pollen est principalement transporté par le vent et peut venir de plants voisins.
Et ces « cheveux » qui dépassent de l’épi ?
Ils portent un nom : les soies.
Chaque soie est reliée à un ovule, donc à un futur grain possible.
Ce n’est pas une coiffure.
C’est une multitude de points de réception pour le pollen. 🌽
Lorsqu’un grain de pollen arrive sur une soie réceptive, il peut germer.
Un minuscule tube se développe alors à l’intérieur de la soie et conduit les cellules reproductrices mâles vers l’ovule.
La pollinisation est l’arrivée du pollen.
La fécondation se produit ensuite.
Un seul épi porte donc toute une série de rencontres individuelles.
Et si certaines échouent ?
Des grains peuvent manquer.
Mais un épi mal rempli ne raconte pas toujours la même histoire : certains ovules n’ont pas été fécondés ; d’autres grains ont commencé à se former, puis leur développement s’est interrompu.
La sécheresse ou la chaleur peuvent perturber ces étapes.
Même avec le vent comme livreur, une récolte dépend du bon moment et de bonnes conditions.
Dernière surprise :
Un grain de blé est, pour le botaniste, un fruit sec contenant une graine, dont les enveloppes sont étroitement unies.
On l’appelle un caryopse.
Il contient un embryon et des réserves qui pourront nourrir la jeune plante.
Nous utilisons ces réserves pour fabriquer notre farine.
Nous pensions acheter du pain. Nous découvrons l’aboutissement d’une multitude de petites fleurs.
Une fleur n’a donc pas besoin de se faire remarquer pour remplir notre assiette.
🤔 Aviez-vous déjà remarqué les petites anthères d’un épi de blé ?
Et saviez-vous qu’à chaque soie de maïs correspond un grain possible ?
🚁 Curiosity First. Learning together.
